Evin, au coeur de la prison des mollets

The seul nom de cette prison fait peur à tous les Iraniens. The religious regime en a fait un enfer.

«Depuis que j’ai quitté Evin, je ne suis plus jamais arrivé à dormir sans somnifères. Des années après votre libération, la solitude ne vous quitte plus. Chaque porte qui se referme vous rappelle un cauchemar. »

C’est un écrivain qui raconte. Il a été détenu au début des années 2000 in a cell «de confinement individuel» de la section 240, the fire of toute la prison d’Evin. Fire again the cells of section 209, most famous because they are most ancient.

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A southern tombeau

«Quand ils ont construit la 240 et la 325, ils ont tiré les enseignements de la 209», résume un autre ancien prisonnier détenu dans la 209. Dans les nouvelles cells de confinement individuel, on devient fou plus vite. Car l’isolement est tel qu’on n’a plus aucun moyen d’entendre un son. A silence of lead. Pas de fenêtre, une ampoule électrique allumée en permanence, et… rien. The cell fait deux mètres sur un mètre. «Vous n’avez jamais été aussi près des parois dans votre vie», if rappelle a journaliste.

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A southern tombeau. D’ailleurs le terme de «cercueil» revient régulièrement dans les témoignages. «Dans les premières heures, tu ne veux pas t’asseoir parce que le sol est en craie, raconte le journaliste. Alors tu restes debout. Tu vas et viens dans tes deux mètres. Tu contournes le chiotte, touches the lavatory. Demi-tour… Tu commences à te sentir nauséeux. Tu t’appuies contre la paroi. Après trois ou quatre heures, tes jambes fatiguent, tu t’assieds. Finalement tu hurles, et personne ne t’entend.

J’attendais n’importe quel contact, mais un contact, que ce soient les insultes des gardes ou les interrogatoires brutaux

A journalist captured in Evin

Même quand ils ne hurlent pas, ils racontent qu’ils se parlent à eux-mêmes, et ils n’entendent que leur voix. Le son résonne dans la tête. On n’arrive plus à penser. À se souvenir. The sournois blackouts. Pas de téléphone, pas de livres, évidemment, et on leur confiscate leurs lunettes. The enfer. «Tu sens qu’ils te tiennent, psychiquement et physiquement.» Beaucoup de prisonniers assurent que leurs ongles et leurs cheveux poussent plus vite, «comme les morts dans leur cercueil».

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Les hacktivistes qui se sont baptisés « La Justice d’Ali » diffusent des images de vidéosurveillance : les sévices infligés aux prisonniers.

© DR

Ça n’est pas la nourriture avariée qu’ils reçoivent qui aide leur métabolisme. Tous perdent des kilos par dizaines. «Le pire ça n’est pas la faim. Tu n’as plus faim. C’est l’absence de communication, d’information sur le monde extérieur. He saw them.” Dans la section 209, certains entendent de très loin l’appel à la prière. Mais pas dans la 240 et la 325. Les uns craquent au bout de quelques jours. D’autres arrivent à tenir bien plus longtemps, mais au prix de leur équilibre intérieur. «Au bout de trois jours, je n’en pouvais plus, explique le journaliste. J’attendais n’importe quel contact, mais un contact, que ce soient les insultes des gardes ou les interrogatoires brutaux.»

D’ex-détenus racontent ce couple ligoté ensemble et dont la femme était battue à chaque réponse insatisfaisante du mari

Les interrogatoires sont toujours au-delà de la brutalité. « On est battu, toujours », confirms a teacher. The section «confinement individuel» est au sous-sol. Quand vous sortez de votre trou, on vous bande les yeux, on vous lie les poignets dans le dos, on vous emmène dans ce qui semble des couloirs. Vous tombez par terre plusieurs fois car on ne vous aide pas. Vous finissez face à des gardiens, des pasdarans, des bassidjis, en uniform, en treillis, et des voyous analphabètes souvent. Rarement des types qui savent vraiment ce que vous avez écrit, dit, enseigné. Les interrogatoires durent quatre heures, cinq heures, six heures. Sans boire et sans manger. Les questions se répètent: «Qui vois-tu? » «Quelles informations as-tu données aux étrangers?» «Comment t’es-tu procuré une connexion Internet»…

Vous finissez par avouer n’importe quoi

Quand vous niez, refusez leurs allegations, ils vous cognent violemment. Mais aussi quand vos réponses affirmatives se répètent. Parfois, ils commencent par vous interpeller sur votre vie privée : «Pourquoi tu couches avec la veuve d’un martyr? » «Pourquoi tu bois de l’alcool? » Les interlocuteurs se relaient. Certains are my informés. Ceux-là sont encore plus pervers. Ils vous disent que votre famille vous a dénoncé. Ou que si vous n’avouez pas, votre femme et votre fille seront imprisonnées. C’est arrived. D’ex-détenus racontent ce couple ligoté ensemble et dont la femme était battue à chaque réponse insatisfaisante du mari di lei.

Draconian regime for LGBT prisoners: en guise de cells, une cave en sous-sol sans fenêtre.

Draconian regime for LGBT prisoners: en guise de cells, une cave en sous-sol sans fenêtre.

© DR

“Confesse ce que tu as fait de mal.” “Demande pardon au Guide.” Vous finissez par avouer n’importe quoi. Vous n’ignorez pas que les pendaisons sommaires ont lieu tous les jours dans la cour de la prison. The actual president, Ebrahim Raïssi, a dirigé le département judiciaire pendant une quinzaine d’années depuis les années 1980, c’est lui qui décrétait les peines de mort, il en a ordonné plus de 4000.

J’étais attaché sur une planche de torture et fouetté pendant l’interrogatoire. Ma fiancée dans la pièce d’à côté était torturée pour qu’elle fournisse des informations sur moi…

Hassan Zarif Nazarian

The intellectual Hassan Zarif Nazarian a passé douze ans à Evin in the years 1980-1990. Il en reste à jamais traumatisé. Tout a commencé une nuit de 1981: «Une patrouille de quatre voitures de sécurité et une douzaine d’hommes armés ont débarqué chez moi, arrêté ma sœur, ma fiancée et moi, évidemment sans mandat d’arrêt. Ils ont emporté des livres, un album photo, mon appareil photo, d’autres choses, un équipement de montagne…»

Il a subi les pires outrages pendant ces années. Il se remémore un épisode horrible: «J’étais attaché sur une planche de torture et fouetté pendant l’interrogatoire. Ma fiancée dans la pièce d’à côté était torturée pour qu’elle fournisse des informations sur me…» Il a vu des gens suspendus contre les parois jusqu’à l’évanouissement. Lui se souvient de Jaafar Semsarzadeh, si violemment battu que sa peau di lui mortoit en épluchures jusqu’à l’os. «Il a dû se faire greffer de la peau des cuisses. »

Les malades et les blessés ne sont ni soignés ni libérés. Trop encombrants, trop nombreux, trop gênants, il vaut mieux qu’ils meurent

Lui au moins en est sorti. Les tortures sont un mode de fonctionnement: shocks éléctriques, viols, menaces de mise à mort, absence de traitement médical. Les détenus finissent par «succomber à une crise cardiaque». Une mère a appris que son fils di lei transpercé d’une balle dans l’abdomen a été mal opéré, mal recousu, pas d’antibiotiques, il est mort d’une septicémie.

Aujourd’hui comme hier, les malades et les blessés ne sont ni soignés ni libérés. Trop encombrants, trop nombreux, trop gênants, il vaut mieux qu’ils meurent. Et disparaissent au plus vite. Les familles cherchent pendant des années où ils sont enterrés. Pour beaucoup d’observateurs, c’est le sens du gigantesque incendie qui a enflammé deux bâtiments de la prison. Les autorités ont prétexté une disputa entre détenus, mais Kaveh et Yashah, deux frères capturés pendant les dernières manifs, ont plutôt vu des gardiens résolus à matraquer all azimuts sans souci d’éteindre le feu.

Plus de 2000 prisonniers se retrouvent parqués dans une salle de sport aux murs brûlants

Leur mère, Turan, narrates: «Mes fils sont dans le secteur 7, des cellas collectives. Depuis quelques jours, les gardiens firmaient toutes les portes à clé. C’était inhabituel. Quand le feu s’est déclenché non loin de leur secteur, mes fils sentaient des gaz lacrymogènes. Ils tambourinent, défoncent la porte de leur prison, viennent en aide aux prisonniers qu’ils voient suffoquer. He hides under the insults and the coups de matraque des gardiens. Ils entendent also des rafales de coups de feu. Finalement plus de 2000 prisonniers se retrouvent parqués dans une salle de sport aux murs brûlants, il ya tant de monde qu’ils ne peuvent pas s’asseoir, les gens reçoivent des coups, se pissent dessus, la fumée étouffe, le feu se propage mais les gardiens ne sont occupés qu’à les battre…»

Les autorités iraniennes accusent des « voyous » d'avoir mis le feu à l'atelier de couture le 15 octobre.  Problème : les prisonniers étaient confined dans leurs quartiers à l'heure où l'incendie s'est déclaré.  Official budget : 61 blessés et au moins 8 mor

Les autorités iraniennes accusent des « voyous » d’avoir mis le feu à l’atelier de couture le 15 octobre. Problème : les prisonniers étaient confined dans leurs quartiers à l’heure où l’incendie s’est déclaré. Official budget : 61 blessés et au moins 8 mor

© AFP

S’agit-il de feux allumés intentionnellement pour détourner l’attention et exterminer le plus de fauteurs de troubles? C’est ce que suspectent quantité d’Iraniens qui s’informent en permanence sur les réseaux. Les quelques dizaines de cells de confinement individuel avec leurs dissidents, leurs étudiants, leurs intellos ont-elles été enfumées, leurs prisonniers asphyxiés?

Les violences sexuelles sont monnaie courante avant la mise à mort

La prison d’Evin avait été construite par le shah in 1972, elle a été agrandie plusieurs fois pour devenir une ville dans la ville. Douze immenses bâtiments censés abriter 3000 prisonniers, dont des femmes. Il y en aurait officiellement 15000. Probablement le double avec les actuales manifestations, selon les journalistes du site La Majalla. Pour schématiser, les détenus de droit commun dépendraient du ministère de la Justice, les prisonniers politiques, des services secrets des puissants pasdarans. Mais c’est bien plus compliqué: il ya aussi les organizations bassidjies, d’autres «forces de sécurité» plus ou moins officielles… et pas d’avocat commis d’office, on est en dictature.

Il n’y a pas qu’Evin

Une dictature aux abois qui mobilise aujourd’hui plus que jamais ses prisons clandestines disséminées dans tout le pays. Là-dedans, aucun contrôle, ni liste de détenus, ni simulacre d’information, toutes les exactions sont permises. Donc impossible pour les parents, la famille de savoir si un de ses proches di lui est à Evin ou ailleurs, s’il est blessé, vivant ou mort. Ou violé… Car voilà l’anguisse des familles. Les Iraniens ne se font pas d’illusions. «Ce régime theocratique a pervert les mœurs et déréglé les cerveaux, lâche Nadji, un réfugié politique. Le viol et les violences sexuelles se pratiquent à large échelle, avant la mise à mort.» Iranian-Canadian photographer Zahra Kazemi, assassinated in Evin in 2003, wants to take a photo of the building without leaving a douloureux emblem. Son fils of her n’arrive toujours pas à faire rapatrier son corps of her.

La prison d’Evin est depuis un demi-siècle un symbole de l’oppressionsanguiaire du régime. Les conditions y sont notoirement invivables : saleté, cafards, rats, nourriture infecte, pas de chauffage… Sans parler des drogues et de la méthadone qui y sont distribuées pour contrôler les volontés. Mais il n’y a pas qu’Evin. L’écrivain Yousef Azizi a, lui, vécu «une tentative de meurtre» dans sa prison d’Ahvaz, dans l’ouest de l’Iran: «On m’a juste laissé des heures sous le soleil par 50 °C, j ‘ai failli crever. » The insists, sans vouloir faire un concours d’atrocités: à Tabriz, Zahedan, Chiraz, Qom, Ispahan, Mechhed, Kerman, Recht, Mazanderan… dans les bagnes officiels ou secrets, des Iraniens se retrouvent derrière les murs, se font torturer , assassin. Et personne ne sait rien.

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